SHAMAN

 

Documentaire ou œuvre d’art La question du statut de la vidéo est de nouveau posée dans Shaman. Maëlle Gross nous fait pénétrer dans l’intimité de Marie. Ici, le sujet se dévoile d’autant plus qu’il laisse la caméra pénétrer dans sa maison. Lieu de l’intime par excellence. Si dans Strike a pose c’est le corps qui est mis en exergue, dans Shaman, c’est à peine si l’on peut voir le visage de Marie. L’artiste met ici en lumière l’être et non plus le paraître. Passées les quinze premières secondes où l’on entraperçoit cette femme, ce sont ensuite ses paroles, les mots qu’elle choisit, les gestes qu’elle exécute et les objets qui la définissent qui nous sont montrés. Toujours dans sa quête d’authenticité du sujet, Maëlle Gross utilise ici un tout autre procédé. Marie n’est pas déplacée dans un monde étranger contrairement à Ariane s’essayant au voguing. Elle est justement maintenue dans un univers familier. Cette atmosphère rassurante est-t-elle plus propice au lâcher prise? Pas totalement semble nous dire l’artiste, qui, dans sa quête d’une quintessence subjective a dû employer une autre approche. Celle de l’adhésion. Ainsi, l’artiste a-t-elle pris part à des séances de shamanisme aux côtés de son sujet. C’est ce que l’on peut voir dans la vidéo baptiséeCérémonie du souffle.

 

 

 

                                                                                      Norette Bonnat, historienne de l’art et journaliste

 

 

Shaman: 4’54”

 

Video extract from Shaman, 4'54''

picture from the video installation, HEAD,2013