Mass Murder

Still shots from Murder videos, 2014.

 

 

Pour ce projet, Maëlle Gross explore le fait divers et son insertion dans les maisons de 

quidams. Sa confrontation à la culture de tabloïds en Angleterre a fait émerger chez 

l’artiste un questionnement autour du rapport entre  les notions de ‘mass media’ et 

‘mass murder’.  Ainsi ‘Melissa K’ et ‘Grand-maman’ forment un diptyque en vidéos, dans 

lesquelles l’artiste se joue des controverses et des limites entre fiction et documentaire. 

Le simple usage d’une légende qui définit le lien entre le sujet et son apparenté au 

présumé meurtrier donne une couleur de série noire à l’œuvre vidéo. Maëlle Gross 

emploie les caractéristiques types du reportage d’investigation, usant de postiches et 

fond sonore dignes d’une enquête criminelle télévisée. Pourtant, la caméra s’immisce 

subtilement dans le quotidien de ses sujets, les exposant dans la tranquillité de leurs 

activités – boire une tasse de thé ou faire des mots croisés - absents de tout dialogue. Ce 

face-à-face confronte deux générations évoluant dans une mise en scène similaire. Le 

décor, aspect phare de ce projet, comporte des plats en céramiques exposés dans les 

appartements, affichant des visages de coupables et victimes. C’est par ce biais que 

l’artiste a concentré le cœur de sa recherche, à travers une démarche plastique afin de 

considérer une autre forme maniable de faits divers. Ainsi un paradoxe se créée, les 

œuvres donnant une atmosphère angoissante à un environnement banal. En effet, les 

plats en céramiques qui ont pour usage de glorifier ces effigies, prennent une valeur 

particulière lorsque le spectateur associe la notion de ‘crime’ à cette réification réalisée 

par l’artiste, faisant naître un parallèle dérangeant.  Sans début et sans fin, l’artiste laisse 

en suspend le jeu de la controverse…

 

par Astrid Silva, historienne de l'art spécialisée en art vidéo

work in progress